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Le voyage en Dordogne.

 

A l’invitation des communes de Cazoulès et de Salignac-Eyvigues, une soixantaine de Saasenheimois ont refait le périple de nos anciens en 1939 lorsque tous les habitants entre Rhin et canal du Rhône au Rhin ont été évacués dans le sud-ouest.

La réception de nos amis périgourdins a été somptueuse comme en témoigne le reportage photo que vous pouvez consulter à la page consacrée au jumelage. L’excellente organisation du séjour, la densité des activités et l’incontournable communion avec le patrimoine gastronomique périgourdin ont accompagné l’essentiel : l’échange entre amis que sépare la distance géographique mais qui sont très proches par le cœur.

Il me semble toutefois qu’une réflexion s’impose concernant la modernité du jumelage entre nos villages. En d’autres termes, est-ce que ces réunions ne sont qu’une rencontre de vétérans, nostalgiques de leur jeunesse passée ou alors est-ce qu’elles produisent du sens dans notre vie d’aujourd’hui ? nous donnent des outils pour affronter les défis du monde actuel ?

L’assistance nombreuse aux festivités, toutes générations confondues, constitue une partie de la réponse à cette question.

On aurait pu se retrouver entre élus, dans le calme douillet de nos mairies respectives pour remplir notre devoir de mémoire. Les citoyens auraient été associés par procuration ! par délégation ! mais ce n’était pas notre idée. Nous avons au contraire fait le pari d’une grande fête populaire pour que le plus grand nombre puisse y participer et tirer de cet épisode historique des leçons pour affronter les défis de l’époque actuelle.

J’en retiendrai trois :

La première, c’est la leçon de l’échec d’une génération. Non pas que nous soyons meilleurs que nos anciens, nous aurions probablement fait la même chose ; mais c’est justement parce qu’ils ont fait des erreurs que nous n’avons pas le droit de les reproduire. L’erreur majeure a été de croire que la guerre n’était plus possible. Le « plus jamais çà » des poilus de 14-18 avait fini par parler au cerveau cartésien de nos compatriotes qui considéraient qu’aucun homme sensé ne pouvait refaire les boucheries des tranchées. Et pourtant ils l’ont fait… et en pire. Sous des formes différentes, la guerre est toujours présente dans les relations internationales. Le caporal fou de Bohème a été remplacé par les traders compulsifs de Wall Street ou du Palais Brongnart. Ils font moins de victimes par mort violente mais indirectement, ils poussent une partie de l’humanité au désespoir et cela revient au même. A chaque fois on retrouve le même ingrédient : le mépris humain. A nous d’être vigilants et de refuser toute approche qui ne privilégie pas l’homme.

La deuxième, c’est une leçon de cohésion sociale que nous ont donnée les acteurs de cette période. Premier grand déplacement de population de la 2ème guerre mondiale, il faut bien reconnaître que cette évacuation a permis au génie français… de l’improvisation, de donner toute sa mesure. En un mot, c’était un joyeux bololo, comme diraient nos camarades africains. Elle n’a réussi que par la débrouillardise et la cohésion de la communauté villageoise. Les saasenheimois jetés sur les routes sans connaître leur destination et les périgourdins prévenus au dernier moment qu’ils allaient avoir du monde à la maison et pour une durée indéterminée, ont su trouver des ressources en eux-mêmes pour gérer le quotidien. Cela a fonctionné parce qu’entre eux existait un lien profond dont ils n’avaient pas idée avant cette aventure, la conscience d’appartenir à une communauté soudée.

C’est une leçon très forte : un corps social uni est capable d’affronter les tempêtes. Au moment où l’horizon est sombre, c’est un enseignement qu’on a tendance à oublier car il est plus facile de trouver des boucs émissaires que de relever les manches et de serrer les coudes.

La troisième, c’est la foi en l’avenir qui animait ces femmes et ces hommes emportés dans le tourbillon d’évènements qui pouvaient les écraser. Quoiqu’il arrive, la vie est plus forte que le malheur et tous nos anciens, confrontés aux difficultés du moment, continuaient à faire des projets parce qu’un homme doit rester debout et que le meilleur moyen de conserver l’équilibre, c’est d’être en mouvement. C’est un formidable témoignage d’espoir et de foi en la capacité de l’homme à produire ce qu’il y a de meilleur en lui. Notre destin sur terre consiste à laisser une trace positive de notre action. Il arrive parfois que nous soyons confrontés au pire, mais il ne faut jamais désespérer de la vie. L’homme est sur terre pour trouver le bonheur. 

Au final, nos anciens nous ont donné une leçon d’humanisme dont les préceptes restent d’actualité :

     - la primauté de l’homme,

     - pas l’homme isolé mais celui qui crée du lien social,

     - et celui qui garde toujours au fond du cœur la flamme de l’espoir, celle qui peut rallumer toutes les autres flammes.

A chacun de faire le parallèle avec l’époque actuelle et d’en tirer ses propres règles de vie. Nous arriverons immanquablement à la constatation que nous devons beaucoup à nos anciens qu’il faut savoir remercier de temps en temps. C’est à cela aussi que sert notre jumelage.

Votre maire

Norbert Lombard

 


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